Mon devoir de mémoire!

Visite des camps d’Auschwitz & Birkenau


Lorsque j’étais étudiante à l’université, j’ai étudié la sociologie et l’histoire contemporaine, parce que ce sont deux sujets qui me passionnent, mais surtout pour essayer de comprendre comment un seul homme avait pu amener tout un peuple dans une idéologie exterminatrice et aussi destructrice que le nazisme. Le visite du symbole de cette idéologie était une chose qui me tenait à cœur depuis longtemps. Ainsi, la semaine passée, je suis donc partie à Cracovie pour visiter les deux camps d’Auschwitz et Birkenau. Cette visite m’apparait comme la fin réelle de mes études et de ma quête de compréhension. Je voulais donc partager cette expérience avec vous, car c’est important de ne pas oublier ce qui s’est passé, surtout aux vues de ce qui se passe dans le monde actuel. Nous avons donc organisé la visite depuis la Suisse et choisi la visite de 4h (une seconde visite de 8h est aussi possible), en sachant que le camp se trouve à 1h30 de Cracovie. Lorsqu’on arrive, on retrouve son groupe et son guide et on commence la visite en passant la barrière la plus connue du monde avec sa citation « Arbeit macht frei » et là, on arrive dans Auschwitz 1. Ce qui est effrayant, c’est qu’Auschwitz 1 ne semble pas du tout terrifiant. Ce camp ressemble davantage à un quartier de banlieue et on comprend comment les premiers déportés se sont laissés berner en arrivant. On pénètre dans le camp en passant devant la cuisine, là où se trouvait la fanfare et on poursuit vers le block 4 où la visite du musée commence concrètement. En passant d’un block à l’autre, on découvre ou on redécouvre ce qui s’est passé: l’idéologie nazie, les statistiques, les documents, la vie au camps, la façon d’exterminer les détenus…De 1940 à 1945, 1,3 millions de prisonniers – au minimum – sont passés par Auschwitz et presqu’autant ont été exterminés d’épuisement, de famine, de maladie, dans des expériences médicales et dans les chambres à gaz. Comment imaginer la disparition d’un tel nombre de personnes? Il est très difficile d’arriver à percevoir la réalité derrière ce chiffre! Et c’est pour cela que la visite de ces blocks nous aident à concrétiser cette abstraction, car on nous montre les possessions de ces personnes qui ont été volés puis assassinés. Des prothèses, des lunettes, des casseroles, des valises et deux tonnes de cheveux de femmes.Les quantités exposées sont massives et impressionnantes et elles le sont encore davantage lorsqu’on apprend qu’il ne s’agit que d’une « récolte de trois jours ». En effet, le camps était capable d’éliminer jusqu’à 4500 personnes par jour. Tous ces objets nous aident à comprendre l’immensité de ce qui s’est passé dans ce camps et ce sont à mon sens, les choses les plus impactantes de la visite, car le camp veut vraiment préserver la mémoire de ceux qui ont disparu et ne souhaite pas tomber dans le voyeurisme. Il y a donc très peu de photographies de ce qui s’est passé ou des victimes telles qu’elles ont été retrouvées. Il est donc très important d’arriver au camp avec une bonne connaissance de la seconde Guerre Mondiale et de ce qui s’est passé. J’ai toujours peur que les gens aient une interprétation simpliste de la situation et la minimise. La seconde Guerre Mondiale a fait 50 millions de mort et on ne devrait jamais oublier cela. Cela ne concerne pas uniquement le génocide des Juifs, mais toutes les personnes qui ont perdu la vie durant cette guerre pour lutter contre une idéologie qui pensait purifier le monde.

On retrouve encore cette émotion devant le mur de portraits des prisonniers incarcérés qui couvrent de nombreux murs. Il n’y a, bien sûr, pas tous les prisonniers, mais cela donne une humanité, une réalité à ces détenus qui avaient une vie avant d’arriver dans ce camp et qui y ont souffert, avant d’y mourir.La suite de la visite nous montre comment les prisonniers vivaient, où ils dormaient, comment ils se lavaient et comment on les faisait mourir de faim avec des portions ridiculement petites: un café, une soupe et un quignon de pain. La valeur énergétique de l’alimentation des détenus prévoyait de les faire survivre trois mois.En 1940, les détenus dormaient par terre sur des paillassent, mais avec le temps, la place a commencé à manquer et les lits superposés sont apparus. Les nazis y ont entassé jusqu’à mille détenus par block. Les conditions de détention étaient vraiment très horribles, car si le nombre de détenus continuer à augmenter, les installations sanitaires sont, elles, restées identiques. Les détenus devaient se laver au mieux dans des espaces qui n’étaient pas prévus pour une telle population. De plus, ils ne pouvaient jamais laver leurs habits, tout en souffrant d’un tas de maladie comme le typhus ou la diphtérie.Puis vient le temps pour nous visiteurs d’aller la chambre à gaz et le crématoire d’Auschwitz 1. Sur le chemin, on passe devant les barbelés et les miradors. Des choses qu’on avait imaginé, mais qu’il faut voir pour bien comprendre. Ces miradors ne sont en réalité pas très imposants, mais au vue des fils électriques et des barbelés, ils n’ont pas besoin de l’être plus, car quelles étaient les chances de pouvoir s’évader? Durant les 5 ans de guerre, il y a eu 1300 tentatives d’évasions dans seuls 190 ont abouti et ces derniers étaient principalement des Polonais qui connaissaient la région.Si Auschwitz est devenu le camps d’extermination le plus connu de l’histoire, il était avant tout un camp de concentration et on se donnait beaucoup de peine à conserver tous les prisonniers à l’intérieur. Nous voici donc arrivés dans la première chambre à gaz du camp qui était avant le début de la guerre un entrepôt, puis fut transformé en chambre à gaz de 1941 à 1944 en attendant que celles de Birkenau soient fonctionnelles. Au moyen du Zyklon B, les nazis ont gazés jusqu’à 340 personnes par jour. En 1944, les Nazis démontèrent les fours et la cheminée. Ils colmatèrent les ouvertures par lesquelles le Zyklon-B était dispersé. Si on peut visiter cette partie du camp aujourd’hui, c’est parce qu’après la guerre, deux des trois fours et la cheminée du crématoire ont été reconstruits à partir des matériaux originaux.Et c’est important, car les chambres à gaz et les fours de Birkenau ont été détruits par les Allemands la fin de la guerre. C’est donc la seule façon d’entrer dans une chambre à gaz et de visualiser l’horreur qu’elle représente.Sur cette dernière photo, nous pouvons voir la cheminée des fours. Cela termine la visite du premier camp. Il est donc temps de transiter vers Auschwitz 2 et Birkenau. La visite de cette partie est plus rapide, car la Pologne a beaucoup de mal à entretenir ce monument culturel et historique et un grand nombre des bâtiments ont été rasés – ce qui est à mon sens incompréhensible! Ce qui est particulièrement impressionnant ici, c’est la taille du site: plus de 150 hectares.
Plus le temps a passé, plus les nazis ont dû s’organiser pour être de plus en plus efficaces. Le guide nous expliquait par exemple qu’au début tous les détenus étaient pris en photos pour les registres, mais leurs physiques changeaient tellement à cause de la malnutrition que ces photos ont été remplacées par les matricules sur les avant-bras qui étaient bien plus pratiques pour les registres lors des décès. Et si le tatouage se situait sur les avant-bras, c’est parce qu’on saisissait cette partie du corps pour transporter les cadavres et les numéros y étaient bien visibles. Cette efficacité et ce pragmatisme dans l’horreur m’apparaissent vraiment comme le pire. Pour être encore plus efficace, ils développèrent les chemins de fer jusqu’aux chambres à gaz. Les prisonniers descendaient sur la rampe où on procédait au tri. Les mères, les enfants, les infirmes, les vieux partaient directement à la chambre à gaz. Les autres étaient conservés comme main d’œuvre. Lorsqu’on arrive au bout des rails, on entre dans Birkenau et on découvre les restes des chambres à gaz qui ont été détruites à la va vite. 

On y devine encore les différentes parties souterraines. Nous avons ensuite visité une baraque en pierre dure. On y entassait les prisonniers qui ne mouraient pas assez vite. Ils étaient « stockés » dans ce lieu sans eau et sans nourriture. Le bâtiment est en l’état. Le sol est dans le même était qu’à l’époque. La visite s’est terminée sur ce bâtiment. Mais l’accès à Birkenau étant libre, nous avons poursuivi et nous sommes allés visiter les baraques en bois qui étaient à la base des écuries et où nous avons découvert les latrines. Dans d’autres, il y avait des lits superposés. Elles étaient prévues pour 70 chevaux et on y stockait 400 personnes.Le jour de notre visite, il faisait beau, mais l’hiver approchant nous avons bien compris les lacunes de chauffages de ces baraques qui se trouvent dans une zone extrêmement humide. Voici donc la fin de ce très long article qui ne résume pourtant que très peu de ce que j’ai appris durant cette visite. J’espère qu’il vous aura un peu éclairé sur ce monde, témoin d’un carnage, qui risque de disparaître dans ces prochaines années par manque d’entretien. C’était vraiment important pour moi d’y aller pour mieux visualiser ce que j’ai tant étudié et je voulais ainsi le partager avec vous afin qu’on n’oublie jamais ce qui s’est passé et qu’on ne permette pas que cela se reproduise à nouveau.

5 réflexions sur “Mon devoir de mémoire!

  1. Bonjour,
    Un grand merci pour ce message. Cela me fait extrêmement plaisir de savoir que mon blog est utile.
    Pour Auschwitz, c’est vrai que c’est un lieu terrible mais il ne faut pas que cela se reproduise et le monde redevient fou…
    A bientôt!

    Veronique

  2. Merci pour cet article, c’est vraiment très intéressant, ça fait froid dans le dos, les mots me manquent tellement c’est effroyable.
    PS : J’aime beaucoup votre blog, surtout les idées lectures 🙂 merci !

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