Retour sur l’inexplicable…

La mort est mon métier
de Robert Merle

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Est-ce qu’on peut vraiment dire qu’on a apprécié un livre sur la seconde Guerre Mondiale qui parle de la solution définitive? Je ne pense pas, car, même si on y découvre les motivations qui ont permis la construction des camps d’extermination, on ne peut pas comprendre. J’ai hésité à parler de ce livre, car l’aborder est toujours un sujet délicat.
Néanmoins, j’estime que La mort est mon métier m’a apporté une vision et des connaissances que je n’avais pas, car le narrateur est un SS, et pas n’importe lequel, celui à qui on a ordonné de mettre la solution définitive en place.

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L’histoire commence en 1913 alors que Rudolf Lang a 13 ans. Il est éduqué par son père, un militaire déséquilibré qui a souhaite expié un péché de jeunesse à travers son fils en le destinant au clergé. Malgré cette éducation très pieuse, Rudolf va rejeter la religion, les rêves de son père et sa famille, avant de partir s’engager comme soldat lors de la première Guerre Mondiale.

Encore tout jeune, il va être façonné par cette discipline militaire qui veut qu’il obéisse sans discuter, car les ordres donnés sont forcément ce qu’il y a de mieux pour sa patrie. À la fin de la guerre, il se retrouve au chômage. Ses conditions de vie sont misérables: il est affamé et épuisé. Dans cette détresse, il ressent le besoin de trouver un coupable. La propagande en place l’aidera à le trouver dans le peuple juif.  Alors qu’il s’apprête à se suicider, un de ses collègues arrive et lui brandit un tract en lui disant de ne pas trahir l’Allemagne en se donnant la mort. Il adhère ainsi au parti nazi et se voit confier la direction d’une ferme avec sa femme Elsie, où il vit des journées de dur labeur.

Puis, peu après la prise du pouvoir par Hitler, il entre dans les SS,  accède à des fonctions de plus en plus importantes dans la hiérarchie SS, jusqu’à devenir commandant du camp d’Auschwitz.
Il est intéressant de noter que Rudolph ne souhaitait pas quitter sa ferme, mais toujours dans cette optique d’obéir aux ordres en pensant que c’était ce qu’il y a de mieux pour son pays, il commence à travailler sur la solution définitive. Ce passage du livre est extrêmement dur et crû. Il raconte comment des hommes se déshumanisent pour obéir aux ordres, comment certains ont préféré se donner la mort plutôt que de continuer à vivre cela, mais aussi comment ces soldats savaient qu’ils mourraient si ces usines n’étaient pas assez efficaces.

Lors de la chute du camp et de son arrestation, Rudolph Lang ne se trahit que lorsqu’il apprend le suicide d’Himmler, son supérieur qui en agissant ainsi n’a pas assumé ses responsabilités. Car pour lui, tout est clair: il a obéi aux ordres et n’a donc aucune culpabilité à avoir.

La mort est mon métier est un incontournable. Il permet de « découvrir » les camps d’extermination sous un angle différent. Mais j’ai toujours peur que ce genre de livres atterrisse entre  les mains de personnes mal éduquées qui en feraient une mauvaise interprétation. Ce qui s’est passé devrait nous apprendre que l’homme est certainement la plus grande menace pour cette planète et pour la race humaine.

L’auteur – Robert Merle

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Robert Merle est un écrivain français, né le 28 août 1908 et décédé en son domaine de La Malmaison le 27 mars 2004. Ancien élève des classes préparatoires du lycée Louis-le-Grand, titulaire d’une licence de philosophie, agrégé d’anglais, Robert Merle consacre sa thèse de doctorat de lettres à Oscar Wilde et devient professeur au lycée de Bordeaux, Marseille, puis à Neuilly-sur-Seine où il fait la connaissance de Jean-Paul Sartre, à l’époque professeur de philosophie.
Mobilisé en 1939, Robert Merle est agent de liaison avec les forces britanniques. Il est fait prisonnier à Dunkerque. Il témoigne de son expérience dans la poche de Dunkerque dans un documentaire d’Henri de Turenne et reste en captivité jusqu’en 1943. En 1944, il devient maître de conférences d’anglais à l’université de Rennes, puis Professeur en 1949. Il sera successivement en poste à Toulouse, Caen, Rouen, Alger et enfin Nanterre où il se trouve en mai 1968. Cette dernière expérience a inspiré son roman Derrière la vitre.
Il rédigera La mort est mon métier en 1952.


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